中法对照:A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU III 追忆似水年华 第三卷(287)
Le Côté de Guermantes 盖尔芒特家那边
作者:Marcel Proust 马塞尔-普鲁斯特
Deuxième Partie 第二部
编辑整理:WANGGUOTONG
— Enfin, pour finir, conclut le duc, Zénaïde insistait pour qu’Oriane vînt déjeuner, et comme ma femme n’aime pas beaucoup sortir de chez elle, elle résistait, s’informait si, sous prétexte de repas intime, on ne l’embarquait pas déloyalement dans un grand tralala, et tâchait vainement de savoir quels convives il y aurait à déjeuner. « Viens, viens, insistait Zénaïde en vantant les bonnes choses qu’il y aurait à déjeuner. Tu mangeras une purée de marrons, je ne te dis que ça, et il y aura sept petites bouchées à la reine. — Sept petites bouchées, s’écria Oriane. Alors c’est que nous serons au moins huit ! »“作为这个故事的结束,我要对你们说,”公爵总结说,“塞纳伊德坚持要请奥丽阿娜去吃午饭,我妻子不大喜欢出门,便一再推辞。她想了解塞纳伊德会不会以请吃便饭为由,别有用心地拉她去参加一次盛大宴会。她想方设法打听请了哪些人,但一无所获。‘来吧,来吧,’塞纳伊德坚持道,还夸口说会有好东西吃。‘有栗子羹,其他的就不必说了。还有七小块鸡肉一口酥。’‘七小块!’奥丽阿娜有点惊讶。‘这么说至少有八个人罗!’”
Au bout de quelques instants, la princesse ayant compris laissa éclater son rire comme un roulement de tonnerre. « Ah ! nous serons donc huit, c’est ravissant ! Comme c’est bien rédigé ! » dit-elle, ayant dans un suprême effort retrouvé l’expression dont s’était servie Mme d’Épinay et qui s’appliquait mieux cette fois.过了片刻,公主恍然大悟,哈哈大笑,犹如雷声轰鸣。“啊!至少是八个人!说得太妙了!编写得太棒了!”她费了好大的劲儿,终于想起了德-埃比内夫人用过的这个表达方式。这次用得比较恰当。
— Oriane, c’est très joli ce que dit la princesse, elle dit que c’est bien rédigé.“奥丽阿娜,公主用的词很美,她说这‘编写得很好’。”
— Mais, mon ami, vous ne m’apprenez rien, je sais que la princesse est très spirituelle, répondit Mme de Guermantes qui goûtait facilement un mot quand à la fois il était prononcé par une Altesse et louangeait son propre esprit. « Je suis très fière que Madame apprécie mes modestes rédactions. D’ailleurs, je ne me rappelle pas avoir dit cela. Et si je l’ai dit, c’était pour flatter ma cousine, car si elle avait sept bouchées, les bouches, si j’ose m’exprimer ainsi, eussent dépassé la douzaine. »
“可是,朋友,您对我说这个是多余的,我知道公主很幽默,”德-盖尔芒特夫人回答道。当一句话出自一位殿下之口,而且又是对她本人的赞美,她是不会不欣赏的。“夫人对我编的那些微不足道的话给予高度评价,我感到很自豪。况且,我不记得说过这话了。即使说了,也是为了讨好我的表姐,因为如果她有七块鸡肉一口酥,我敢说嘴就可能超过十二张。”
— Elle possédait tous les manuscrits de M. de Bornier, reprit, en parlant de Mme d’Heudicourt, la princesse, qui voulait tâcher de faire valoir les bonnes raisons qu’elle pouvait avoir de se lier avec elle.
“她手里有德-博尼埃先生的全部手稿。”公主继续谈德-厄迪古夫人,她想尽量说明她完全有理由同她来往——
— Elle a dû le rêver, je crois qu’elle ne le connaissait même pas, dit la duchesse.
“她大概做过这个梦吧。我相信她连认都不认识他,”公爵夫人说。
— Ce qui est surtout intéressant, c’est que ces correspondances sont de gens à la fois des divers pays, continua la comtesse d’Arpajon qui, alliée aux principales maisons ducales et même souveraines de l’Europe, était heureuse de le rappeler.
“最有趣的是,这些信是各个国家的人写的,”阿巴雄伯爵夫人继续对我说。她同欧洲各主要公爵世家和王族都有姻亲关系,因此很乐意在讲话中提及。
— Mais si, Oriane, dit M. de Guermantes non sans intention. Vous vous rappelez bien ce dîner où vous aviez M. de Bornier comme voisin !
“不,她认识,奥丽阿娜,”德-盖尔芒特先生别有用心地说。“您难道忘记那次晚宴了吗?德-博尼埃先生就坐在您身边。”
— Mais, Basin, interrompit la duchesse, si vous voulez me dire que j’ai connu M. de Bornier, naturellement, il est même venu plusieurs fois pour me voir, mais je n’ai jamais pu me résoudre à l’inviter parce que j’aurais été obligée chaque fois de faire désinfecter au formol. Quant à ce dîner, je ne me le rappelle que trop bien, ce n’était pas du tout chez Zénaïde, qui n’a pas vu Bornier de sa vie et qui doit croire, si on lui parle de la Fille de Roland, qu’il s’agit d’une princesse Bonaparte qu’on prétendait fiancée au fils du roi de Grèce ; non, c’était à l’ambassade d’Autriche. Le charmant Hoyos avait cru me faire plaisir en flanquant sur une chaise à côté de moi cet académicien empesté. Je croyais avoir pour voisin un escadron de gendarmes. J’ai été obligée de me boucher le nez comme je pouvais pendant tout le dîner, je n’ai osé respirer qu’au gruyère !
“巴赞,”公爵夫人打断他说,“如果您想对我说我认识德-博尼埃先生,那是肯定的,他甚至来看过我好几次。但我一直没能下决心邀请他,因为他来一次我得用福尔马林消毒一次。至于那次晚会,我记得清清楚楚,根本不是在塞纳伊德家,她一生中从没见过他。如果同她谈《罗朗的女儿》,她会以为主人公是一位波拿巴公主,是所谓希腊王子的未婚妻。不,我是在奥地利大使府上见到他的。那位颇有点魅力的霍约斯先生认为,把这个臭气熏天的法兰西学院院士安排在我身边,我会感到高兴。我却认为身边坐了一队宪兵。吃饭时,我不得不尽量捂住鼻子,只是在吃瑞士干酪时才敢呼吸。”
M. de Guermantes, qui avait atteint son but secret, examina à la dérobée sur la figure des convives l’impression produite par le mot de la duchesse.
德-盖尔芒特先生见已达到目的,偷偷观察宾客,看公爵夫人的话在他们脸上引起什么反应。
— Vous parlez de correspondances, je trouve admirable celle de Gambetta, dit la duchesse de Guermantes pour montrer qu’elle ne craignait pas de s’intéresser à un prolétaire et à un radical. M. de Bréauté comprit tout l’esprit de cette audace, regarda autour de lui d’un œil à la fois éméché et attendri, après quoi il essuya son monocle.
“你们在谈书信,我觉得甘必大的信值得赞美,”盖尔芒特公爵夫人为了显示自己不怕对一个无产阶级式激进党人感兴趣,说道。德-布雷奥代先生对她的大胆精神心领神会,用略带醉意、充满柔情的目光环视四周,尔后擦了擦单片眼镜。
— Mon Dieu, c’était bougrement embêtant la Fille de Roland, dit M. de Guermantes, avec la satisfaction que lui donnait le sentiment de sa supériorité sur une œuvre à laquelle il s’était tant ennuyé, peut-être aussi par le suave mari magno que nous éprouvons, au milieu d’un bon dîner, à nous souvenir d’aussi terribles soirées. Mais il y avait quelques beaux vers, un sentiment patriotique.“我的上帝,《罗朗的女儿》,这本书太乏味了?”德-盖尔芒特先生在想着德-博尼埃先生,说道。他踌躇满志,显得讨厌一本书,也就意味着他比这本书高明;他Suavemarimagno②,觉得自己不用去读那本书,受那份罪,正如我们吃着丰盛的晚餐,回忆起那些可怕的夜晚,感到说不出的高兴一样——
J’insinuai que je n’avais aucune admiration pour M. de Bornier. « Ah ! vous avez quelque chose à lui reprocher ? » me demanda curieusement le duc qui croyait toujours, quand on disait du mal d’un homme, que cela devait tenir à un ressentiment personnel, et du bien d’une femme que c’était le commencement d’une amourette.
我委婉地表示,我对德-博尼埃先生一点也不钦佩。“啊!您有什么要责备他吗?”公爵兴致勃勃地问我。他一向认为,说一个男人的坏话,意味着有个人怨仇,说一个女人的好话,意味着一场轻浮的爱情即将开始。
— Je vois que vous avez une dent contre lui. Qu’est-ce qu’il vous a fait ? Racontez-nous ça ! Mais si, vous devez avoir quelque cadavre entre vous, puisque vous le dénigrez. C’est long la Fille de Roland, mais c’est assez senti.
“我发现您恨他。他做了什么对不住您的事了吗?讲给我们听听!你们肯定一起做了什么坏事,不然您要诽谤他干什么。《罗朗的女儿》是长了点,但很有味儿。”
— Senti est très juste pour un auteur aussi odorant, interrompit ironiquement Mme de Guermantes. Si ce pauvre petit s’est jamais trouvé avec lui, il est assez compréhensible qu’il l’ait dans le nez !
“‘很有味儿’用在一个散发臭气的作者身上是最贴切不过的了,”德-盖尔芒特夫人揶揄地插话道,“这个可怜的孩子如果和他一起呆过,那么不难理解他的鼻孔里还残留着他那股味儿了。”
— Je dois du reste avouer à Madame, reprit le duc en s’adressant à la princesse de Parme, que, Fille de Roland à part, en littérature et même en musique je suis terriblement vieux jeu, il n’y a pas de si vieux rossignol qui ne me plaise. Vous ne me croiriez peut-être pas, mais le soir, si ma femme se met au piano, il m’arrive de lui demander un vieil air d’Auber, de Boïeldieu, même de Beethoven ! Voilà ce que j’aime. En revanche, pour Wagner, cela m’endort immédiatement.
“此外,我要向夫人承认,”公爵又对帕尔马公主说,“如果撇开《罗朗的女儿》,我只喜欢过时的文学和音乐。没有一样过时的东西不令我快乐。您大概不会相信我的话。但是,晚上,如果我妻子弹琴的话,我会请求她弹一首奥柏和布瓦尔迪欧,甚至贝多芬的曲子!我就爱这个。然而,瓦格纳的曲子我一听就想睡觉。”——
— Vous avez tort, dit Mme de Guermantes, avec des longueurs insupportables Wagner avait du génie. Lohengrin est un chef-d’œuvre. Même dans Tristan il y a çà et là une page curieuse. Et le Chœur des fileuses du Vaisseau fantôme est une pure merveille.
“您错了,”德-盖尔芒特夫人说,“瓦格纳的作品是长得令人难以忍受,但这却显示了他的才华。《罗恩格林》是一部杰作。甚至在《特里斯坦》中,也不乏奇妙的段落。在《漂泊的荷兰人》中,缫丝女工的合唱令人陶醉。”
— N’est-ce pas, Babal, dit M. de Guermantes en s’adressant à M. de Bréauté, nous préférons : « Les rendez-vous de noble compagnie se donnent tous en ce charmant séjour. » C’est délicieux. Et Fra Diavolo, et la Flûte enchantée, et le Chalet, et les Noces de Figaro, et les Diamants de la Couronne, voilà de la musique ! En littérature, c’est la même chose. Ainsi j’adore Balzac, le Bal de Sceaux, les Mohicans de Paris.
“是吧,巴巴尔,”德-盖尔芒特先生对德-布雷奥代先生说,“我们更喜欢:
高尚的情侣们幽会
在这迷人的地方。
这句诗美极了。《魔鬼兄弟》,《魔笛》,《农舍》,《费加罗的婚姻》,《皇冠上的钻石》,这才叫音乐!文学也一样。因此,我崇拜巴尔扎克。我喜欢他的《索地的舞会》和《巴黎的莫伊冈人》。”——— Ah ! mon cher, si vous partez en guerre sur Balzac, nous ne sommes pas prêts d’avoir fini, attendez, gardez cela pour un jour où Mémé sera là. Lui, c’est encore mieux, il le sait par cœur.
“啊!亲爱的,如果您要争论巴尔扎克,我们就不会有完了。还是把这留到墨墨来的那天吧。他更神,巴尔扎克的作品都能背出来。”
Irrité de l’interruption de sa femme, le duc la tint quelques instants sous le feu d’un silence menaçant. Et ses yeux de chasseur avaient l’air de deux pistolets chargés. Cependant Mme d’Arpajon avait échangé avec la princesse de Parme, sur la poésie tragique et autre, des propos qui ne me parvinrent pas distinctement, quand j’entendis celui-ci prononcé par Mme d’Arpajon : « Oh ! tout ce que Madame voudra, je lui accorde qu’il nous fait voir le monde en laid parce qu’il ne sait pas distinguer entre le laid et le beau, ou plutôt parce que son insupportable vanité lui fait croire que tout ce qu’il dit est beau, je reconnais avec Votre Altesse que, dans la pièce en question, il y a des choses ridicules, inintelligibles, des fautes de goût, que c’est difficile à comprendre, que cela donne à lire autant de peine que si c’était écrit en russe ou en chinois, car évidemment c’est tout excepté du français, mais quand on a pris cette peine, comme on est récompensé, il y a tant d’imagination ! » De ce petit discours je n’avais pas entendu le début. Je finis par comprendre non seulement que le poète incapable de distinguer le beau du laid était Victor Hugo, mais encore que la poésie qui donnait autant de peine à comprendre que du russe ou du chinois était : « Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris », pièce de la première époque du poète et qui est peut-être encore plus près de Mme Deshoulières que du Victor Hugo de la Légende des Siècles. Loin de trouver Mme d’Arpajon ridicule, je la vis (la première, de cette table si réelle, si quelconque, où je m’étais assis avec tant de déception), je la vis par les yeux de l’esprit sous ce bonnet de dentelles, d’où s’échappent les boucles rondes de longs repentirs, que portèrent Mme de Rémusat, Mme de Broglie, Mme de Saint-Aulaire, toutes les femmes si distinguées qui dans leurs ravissantes lettres citent avec tant de savoir et d’à propos Sophocle, Schiller et l’Imitation, mais à qui les premières poésies des romantiques causaient cet effroi et cette fatigue inséparables pour ma grand’mère des derniers vers de Stéphane Mallarmé. « Mme d’Arpajon aime beaucoup la poésie », dit à Mme de Guermantes la princesse de Parme, impressionnée par le ton ardent avec lequel le discours avait été prononcé.
公爵见妻子打断他的话头,非常生气,默默地、充满着威胁地瞪了她几秒钟,那双猎人的眼睛犹如两管上了子弹的手枪。其间,阿巴雄夫人和帕尔马公主就悲剧诗和其他问题交换了看法,她们的声音传到我耳朵里很不清楚。忽然,我听见德-阿巴雄夫人说:“啊!夫人高见。我同意您的看法,他让我们看到的世界是丑恶的,因为他不善于区分丑与美。更确切地说,他的虚荣心太强,总认为自己说的都是美的。我和殿下的看法一致,承认在那首诗中,有些诗句十分可笑,晦涩难懂,在审美观上也有不少错误,读起来很费劲,象是用俄语或汉语写的,显然法语中不会有那些东西。但是一旦费了劲读下去,就会得到报偿,会感到诗中充满了想象。”她们谈话的开头我没有听到,但我最终还是搞清楚了,他们说的那个不善于区分美与丑的诗人是维克多-雨果,那首和俄语或汉语一样难懂的诗就是:
孩子出现的时候,家里人围成一圈, 又是鼓掌,又是欢呼…… 这是诗人的早期作品,它的风格与其说接近《历代传说》的作者维克托-雨果,毋宁说更接近戴乌里埃夫人。我不仅不觉得德-阿巴雄夫人滑稽可笑,相反,我从那双聪慧的眸子,那顶镶有花边的软帽和从软帽中垂下的一缕缕卷发看到了她的价值(在这张极其真实、极其平常的餐桌上,她是首屈一指的人物,我是带着何等失望的心情在这张餐桌上就座的呀)。德-雷米萨夫人、德布洛伊夫人、德-圣多莱尔夫人以及所有杰出的女性都戴这样的软帽。她们在令人陶醉的书简中,那样学说渊博地、那样恰到好处地引证索福克勒斯、席勒和《模仿耶稣》,可是,浪漫主义作家的第一批诗问世时,她们都感到恐惧和厌倦,正如我外祖母对斯泰法尔-马拉美的后期诗作感到恐惧和厌倦一样——“德-阿巴雄夫人很喜欢诗,”帕尔马公主被德-阿巴雄夫人说话的热烈语气所打动,对德-盖尔芒特夫人说。
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